Ce roman en langue française, sorti en 2007 à la maison d’édition parisienne l’Harmattan, écrit sous forme épistolaire, relate l’échange des idées et de vécus entre deux sœurs,  Mara et Ioana,  la première habitant en Bucovine-Roumanie et la deuxième exilée en France. La première partie du roman évoque la vie en Roumanie après la Deuxième Guerre mondiale et pendant la dictature communiste. La guerre avec ses atrocités est présente même dans les rêves des enfants et surtout dans  le comportement  d’anciens prisonniers dont le père de Mara et Ioana,  très touché par ça qu’il avait vécu. Pourtant la vie dans un village multiethnique où habitent des Ukrainiens, des Juifs, des Roumains, est assez paisible grâce à l’entraide des villageois. L’endoctrinement communiste des enfants à l’école va en parallèle avec  l’obligation des paysans dépossédés de leur terre d’accepter  le kolkhoze avec des conséquences dramatiques s’ils refusent.  A l’âge adulte les gens continuent à supporter les pires oppressions telle que l’obligation des femmes de donner naissance au  minimum quatre enfants et les drames qui incombent cette obligation. L’accident de Tchernobyl est peint avec authenticité et ses conséquences d’apocalypse sont évoquées.  Le plus grotesque est le tableau d’une visite du couple présidentiel dans une usine où même l’herbe brulée par les émanations toxiques este peinte pour sembler  verte et fraîche.   Dans la deuxième partie, l’aventure de l’intégration de l’auteur en France entraîne le lecteur dans le monde complexe de l’exil. Le drame commence avec les clés jetées à la poubelle, geste qui  ferme la porte qui se trouve derrière le symbolique  rideau de fer. Le chômage fait ravage, pour les émigrés il n’est pas du tout facile de trouver un travail. La révolution roumaine de décembre 1989  est un événement qui réveille le media française et des amitiés commencent à se tisser. Pourtant, le partage des résultats du travail dans un laboratoire de recherche, où finalement Ioana a trouvé un emploi, est loin d’être honnête et le harcèlement semble sans fin. Heureusement, petit à petit, la confiance entre gens s’installe et Ioana commence à se sentir chez elle et affirme :  ‘’À la maison’’ était devenu, sans que je m’en rende compte, cet endroit au-dessus de la Cascade, l’appartement où nous habitons, ‘‘l’aquarium’’ où je travaille. Maintenant le lieu où je me sens en sécurité et où je cherche refuge n’est plus ma Bucovine adorée. La découverte de cette nouvelle appartenance, de cet autre ‘‘chez nous’’ me trouble et m’intrigue…  
Enfin, une troisième courte partie ainsi que l’épilogue, sont adressés à la jeune génération. Par la bouche de Carla, une étudiante d’origine roumaine émigrée dans Les Etats Unis de l’Amérique, sort un cri d’alarme  adressé aux jeunes Roumains éparpillés dans ce monde : Dans l’exil tout semble hostile, chaque carrefour devient un piège, derrière chaque mot on peut découvrir une intention cachée…. Le temps ronge la mémoire comme les enfants rongent les berlingots et le peu que je savais sur ma terre natale s’estompe dans une brume épaisse. Qui suis-je ? D’où proviens-je ? Qui lira ce que j’écris ? En quelle langue ?  Sans boussole, sans carte, la terre m'a crachée sur un territoire non intelligible...


De la chronique de Elena-Brânduşa STEICIUC (professeur universitaire de langue et littérature française) :
 ...Sans être un écrivain professionnel, Cornelia PETRESCU, ingénieur chimiste reconverti à l’écriture, est un conteur né : elle sait trouver une très émouvante justesse de ton, qui ne laisse pas indifférent le lecteur. Les épisodes qu’elle narre ont tantôt la vivacité, tantôt la sobriété requise par l’événement ; les personnages sont fort véridiques et chaque détail inclus dans la trame narrative sert à (ré)créer le réel, vu par une fine observatrice... Ayant ses racines dans la province historique de la Bucovine  et vivant dans une ville des Alpes qui est devenue son nouveau chez soi, Cornelia PETRESCU a su transformer à son avantage la condition de l’être qui a deux patries ;  au lieu de déchirement on peut parler d’enrichissement permanent de son vécu, les valeurs nouvelles s’ajoutant aux anciennes. Comme ces  papillons des  vers de soie, qu’elle regarde émerveillée à l’aube de sa vie, à Călineşti,  Cornelia/Ioana réussit non seulement à voler de ses propres ailes mais à tisser le fil de son histoire réelle, enrichi des nuances nacrées de la fiction.

Extraits de lettres  de lecteurs
Norman MANEA (écrivain, SUA) :
Chère Madame Cornelia PETRESCU, Merci pour votre livre qui arrive avec une multitude de souvenirs et de nostalgies. Il y a vraiment beaucoup d’analogies entre nos trajets de Suceava et ceux ultérieurs […].  Encore une fois, merci pour votre livre qui m’a apporté, d’où et quand je ne m’attendais pas, l’adolescence et la jeunesse heureuses et irrécupérables....

Alexandru HUSAR (professeur universitaire d’esthétique littéraire) :
Madame, Merci de m’avoir envoyé votre roman Semper Stare  que je trouve aussi troublant que sa version roumaine et je vous en félicite vivement pour son apparition. […] Dans la traduction française je sens la même fermeté de la phrase, l'absence de l'artificiel, l'élégance et la sobriété du style, la force de conviction du mot qui est authentique...

Ludmila G. (peintre iconographe) :
 Bravo à Cornelia pour son livre ! Je l’ai lu comme un roman policier, attendant impatiemment le soir pour savourer la suite…car il y a du suspense […] Tout est plein de fraîcheur, de candeur et poésie, alors que le malheur frappe aux portes des Roumains au risque de les engloutir et que la vie en France pose bien des problèmes aux émigrés...

Anca LUCAU (Maître assistent à l’Université de Lille) :
Vous savez à quel point je suis liée à la Bucovine, région de mon enfance et aussi de mes attaches affectives les plus fortes. Ouvrir votre livre qui justement en parle, a été pour moi plus qu’un geste de curiosité. Continuer ensuite la lecture le souffle coupé jusqu’à la dernière page, m’a été suscité par la découverte de ma propre vie, de mon parcours, de mon histoire. J’y ai retrouvé mes parents, mon adolescence, mes angoisses, mon départ, mes questions sans réponse. Depuis je me sens moins seule. Merci....